EN 1907, LE GENERAL BRITANNIQUE BADEN-POWELL FORMAIT SA PREMIERE BANDE D'« ECLAIREURS ». DE TOUS LES MOUVEMENTS VOUES A LA FORMATION DE LA JEUNESSE, LE SCOUTISME DEMEURE A CE JOUR CELUI DONT LE RAYONNEMENT FUT LE PLUS GRAND. CE SONT LES IDEES FONDATRICES DU MOUVEMENT QUI NOUS INTERESSENT ICI. BASES SUR LA NECESSITE DE SOUSTRAIRE LA JEUNESSE AUX DIVERSES TENTATIONS D'UN UNIVERS SOCIAL PERÇU COMME DECADENT, LE SCOUTISME ET SES NOMBREUX AVATARS FURENT MELES A PLUSIEURS EPISODES SOMBRES DE L'HISTOIRE DE LA PREMIERE MOITIE DU XXE SIECLE. « TOUJOURS PRETS » : D'ACCORD MAIS PRETS A QUOI EXACTEMENT ? VOICI QUELQUES PISTES DE REFLEXION SUR UN PHENOMENE A L'IMAGE DE SON SIECLE.
Nous désirons d'emblée éclaircir notre point de vue. Notre intention n'est pas, comme ce fut déjà le cas, d'attribuer à Baden-Powell la paternité des Hitlerjugend (Jeunesses hitlériennes, JH), véritables SA en culottes courtes. L'amalgame n'est pas absolument dénué de sens, mais il n'en demeure pas moins extrêmement réducteur et, en définitive, trompeur. En effet, si les deux mouvements procèdent d'une volonté similaire d'encadrement de la jeunesse, les idées qui y sont professées diffèrent radicalement. Cette « parenté », à laquelle il faudrait d'ailleurs adjoindre toutes les organisations d'encadrement de la jeunesse, y compris les Jeunesses communistes, s'explique principalement par le passage, dans les premières décennies du XXe siècle, des sociétés occidentales à « l'ère des masses ». En effet, face à la politisation croissante des couches populaires, l'encadrement et l'embrigadement de la jeunesse devinrent des enjeux majeurs transcendant largement les frontières idéologiques. Établir entre les JH d'Hitler et les scouts de Baden Powell une filiation autre que celle-ci semble abusif.
Qui plus est, et bien que cette précision ait été nécessaire, nous ne traitons ici que du scoutisme et de ses diverses formulations. Nous voulons en effet montrer que le mouvement, particulièrement dans la première moitié du XXe siècle, a pu parfois agir bien au-delà de sa vocation initiale –au demeurant, nous le verrons, assez problématique- et devenir un lieu d'endoctrinement où la jeunesse fut mise au service d'idées nationalistes, impérialistes et colonialistes, voire racistes. S'il est clair que le scoutisme a bien changé depuis, cela ne veut pas dire qu'il faille en oublier ses côtés plus sombres.
Nous désirons d'emblée éclaircir notre point de vue. Notre intention n'est pas, comme ce fut déjà le cas, d'attribuer à Baden-Powell la paternité des Hitlerjugend (Jeunesses hitlériennes, JH), véritables SA en culottes courtes. L'amalgame n'est pas absolument dénué de sens, mais il n'en demeure pas moins extrêmement réducteur et, en définitive, trompeur. En effet, si les deux mouvements procèdent d'une volonté similaire d'encadrement de la jeunesse, les idées qui y sont professées diffèrent radicalement. Cette « parenté », à laquelle il faudrait d'ailleurs adjoindre toutes les organisations d'encadrement de la jeunesse, y compris les Jeunesses communistes, s'explique principalement par le passage, dans les premières décennies du XXe siècle, des sociétés occidentales à « l'ère des masses ». En effet, face à la politisation croissante des couches populaires, l'encadrement et l'embrigadement de la jeunesse devinrent des enjeux majeurs transcendant largement les frontières idéologiques. Établir entre les JH d'Hitler et les scouts de Baden Powell une filiation autre que celle-ci semble abusif.
Qui plus est, et bien que cette précision ait été nécessaire, nous ne traitons ici que du scoutisme et de ses diverses formulations. Nous voulons en effet montrer que le mouvement, particulièrement dans la première moitié du XXe siècle, a pu parfois agir bien au-delà de sa vocation initiale –au demeurant, nous le verrons, assez problématique- et devenir un lieu d'endoctrinement où la jeunesse fut mise au service d'idées nationalistes, impérialistes et colonialistes, voire racistes. S'il est clair que le scoutisme a bien changé depuis, cela ne veut pas dire qu'il faille en oublier ses côtés plus sombres.



